Et si l'anxiété n'était pas votre ennemie, mais un protecteur maladroit ? 👾
Dans ce nouvel épisode de 4e de couverture, je reçois Christine Chartier, ergothérapeute en santé mentale depuis 30 ans et autrice du roman Hank Siété.
Nous explorons ensemble une vision rafraîchissante et déculpabilisante de l'anxiété. Christine nous présente "Hank", ce colocataire envahissant qui s'invite chez les hyperperformants lorsque l'équilibre de vie vacille. ⚖️
Au menu de cette conversation essentielle :
- Darth Vader vs Batman : Pourquoi notre perception de l'anxiété change tout à notre guérison. 🦇
- Le syndrome du parachute : Pourquoi les "overachievers" sont les plus touchés par le burn-out et la perte d'identité. 🪂
- La règle du 1,6 % : Comment investir 15 minutes par jour pour sauver son intégrité mentale (et pourquoi c'est mathématiquement possible !). 🕒
- La fiction comme thérapie : Pourquoi un roman court est parfois plus puissant qu'un lourd manuel de psychologie. 📖
- Outils concrets : Initiation à la marche afghane, à la cohérence cardiaque et à la détox numérique. 🧘♀️
Un épisode qui fait du bien, pour tous ceux qui ont l'impression de courir un marathon sans ligne d'arrivée. 🏃♀️✨
🔗 Liens et ressources mentionnés :
- Site web de Christine Chartier : christinechartier.ca
- Le livre : Hank Siété (Roman), disponible en librairie. 📚
- Retrouvez-moi sur Instagram : @4edecouverturepodcast 📺
La Pression De Tout Réussir
SPEAKER_00Une femme de 45 ans aujourd'hui, OK, il faut que tu sois« in shape». Il faut que tes enfants soient parfaits. Il faut que tu aies une belle job. Tout ça, c'est en ayant une maison parfaite. On est comme des souris, des hamsters qui tournent la roue indéfiniment.
SPEAKER_0115 minutes représentent 1,6% de la journée réveillée. Alors, quelqu'un qui me dit« Je n'ai pas 15 minutes à investir pour voir si je suis bien dans ma propre vie, qu'il prend soin de moi», c'est une très bonne raison pour anxiété de venir se manifester et dire« Hey, tu es à peu près disparaître de ta propre vie». Ça me dit que tu n'as même pas 1,6% de ta journée à investir pour toi. que si vous arriviez face à l'anxiété, est-ce que ça vous ferait sentir plus comme si vous rencontriez Darth Vader, qui est clairement pas un personnage sympathique? Ça vous ferait sentir comme si vous rencontriez Batman, Mickey Mouse ou un mignon. Alors, vous ne serez pas tellement surpris que des gens vont répondre à peu près à 99% à Darth Vader. Alors que c'est tout le contraire. Et c'est un peu ça le message du livre que je veux amener. Mais il y a un rôle de protecteur.
UNKNOWN...
SPEAKER_01Je pense qu'on a la phobie de l'ennui dans la société actuelle. Alors, on est tout le temps en train de s'occuper de toutes sortes de choses. On ne veut pas que nos enfants s'ennuient. Et je pense que c'est un des éléments qui amènent l'anxiété, parce que l'ennui, c'est nécessaire.
Darth Vader Ou Batman Intérieur
SPEAKER_00Bonjour et bienvenue sur 4e de couverture. On court tous un marathon, donc on n'a pas choisi la ligne d'arrivée. Travail, famille, performance et soudain, le corps lâche. On pense être seul, mais un personnage vient de s'inviter chez nous sans demander la permission. Il s'appelle Anxieté. Aujourd'hui sur 4e de couverture, on découvre l'anxiété non pas comme une maladie, mais comme un colocataire envahissant. qui a peut-être un message à nous livrer. J'ai le grand plaisir de recevoir l'auteur, la conférencière et l'ergothérapeute Christine Chartier pour son roman Ankh, H-A-N-K-C-H. Bonjour, Christine. Bonjour, Chastienne. Christine, on s'est rencontrées dans un salon et puis c'est le titre du livre qui m'a vraiment intriguée. Puis j'ai voulu en savoir plus. Et puis je me demandais, c'est qui Ankh pour vous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que c'est plus un monstre ou est-ce que c'est plus un messager?
Angela Et Le Recul Nécessaire
SPEAKER_01C'est clairement plus un messager. Et puis, je m'amuse justement quand je vais dans les salons du livre à faire un jeu avec les participants. Je ne sais pas si vous aviez fait le jeu quand on s'était rencontrés, mais en fait, je demande aux gens leur perception un peu de ce fameux personnage anxiété. Alors, je leur dis, si vous arriviez face à l'anxiété, est-ce que ça vous ferait sentir plus comme si vous rencontriez Darth Vader, qui n'est clairement pas un personnage sympathique. Ça vous ferait sentir comme si vous rencontrez Batman, Mickey Mouse ou un mignon. Alors, vous ne serez pas tellement surpris que les gens vont répondre à peu près à 99% Darth Vader. Alors, le monsieur a excité et vraiment pas bonne réputation. Il est vraiment comme perçu comme étant quelque chose justement de dangereux, quelque chose qu'on veut éviter, quelque chose de menaçant. Alors que c'est tout le contraire. Et c'est un peu ça le message du livre que je veux amener, c'est qu'on veut essayer de convertir notre perception qu'Anxiété est Darth Vader à Batman 3D. On s'entend maintenant que ce n'est pas un personnage jovial up la vie, pas quelqu'un de très joyeux, mais il a un rôle de protecteur, contrairement à Darth Vader qui est juste un peu méchanceté. Alors, c'est d'amener tranquillement les gens et c'est ce que le livre essaie de transmettre, ce message-là, de convertir notre perception de l'anxiété en quelque chose de bienveillant, plutôt que quelque chose de menaçant.
SPEAKER_00Alors, c'est ce que j'ai dit. Mais pour aider Julie un tout petit peu dans son voyage, mettons, dans le passé, à rentrer dans sa tête aussi, etc., il n'y avait pas juste anxiété. Il avait aussi l'état compagné d'Angela, si je me souviens bien. C'était ça son prénom. Pourquoi est-ce que vous avez allié les deux?
SPEAKER_01En fait, c'est qu'il y a une anxiété qui nous amène à réfléchir. Dans le fond, son message, puis quand on parle à anxiété, les effets que ça a, c'est de ralentir les gens. Quand ils viennent cohabiter chez nous, ça nous ralentit, ça nous empêche de 100% fonctionner. Alors, l'idée derrière ça, c'est de nous ralentir pour nous permettre de faire cette exploration intérieure-là. Et c'est là que j'ai choisi d'amener Angela, que je ne veux pas révéler un peu le punch, le c'est qui, Angela, mais on a tous en soi quelqu'un qui est capable de nous accompagner dans cette recherche intérieure-là qu'on veut venir faire pour comprendre, en fait, pourquoi l'anxiété vient nous visiter. Parce que ce n'est pas un hasard, il n'est pas là juste pour nous embêter. Alors, il y a une raison pour laquelle il se manifeste. Et puis souvent, les gens, soit en thérapie ou dans les salons de judo, je rencontre des gens qui me disent, ah ben moi, des fois les gens me disent, ils arrivent devant justement le type qui est le jeu de groupe qui est accrocheur et des gens me disent, c'est moi l'anxiété. Ils se sont eux-mêmes personnifiés comme étant l'anxiété même. L'anxiété, il est là pour une raison et des fois les gens justement se sont personnifiés eux-mêmes comme étant monsieur anxiété. Alors que c'est faux. que ça reste un personnage qui nous habite et qui peut venir nous rencontrer. Et quand les gens ont l'impression qu'ils sont devenus eux-mêmes, que leur identité complète Et l'anxiété elle-même, ça fait tellement longtemps qu'ils cohabitent avec ce personnage-là, qu'ils ont perdu cette distance avec le personnage d'anxiété et eux-mêmes. Alors, dans ce temps-là, je les invite au fait que c'est tout de même possible de se retrouver dans ce processus. Les gens, parfois, se sont identifiés eux-mêmes à l'anxiété. Les gens arrivent à mon kiosque et me disent« C'est moi, ça, l'anxiété!» Comme s'ils ont perdu toute distance avec... Ça fait tellement longtemps qu'Anxiété cohabite avec eux, qu'ils ont perdu, il n'y a plus de différence d'identité entre le personnage d'Anxiété et eux-mêmes. Alors, c'est pour ça aussi que j'ai amené un autre personnage, qui est celui d'Angela, pour aider, justement, à établir un discours. Étant donné qu'eux se sont carrément associés, sont devenus anxiétés eux-mêmes, bien, les aider à prendre ce recul-là, puis à dire, bon, OK, une tierce personne qui aide à rétablir cette distance-là, puis à réouvrir le discours avec l'anxiété. L'idée, tu es en train de comprendre… Qu'est-ce que tu
SPEAKER_00viens faire dans
SPEAKER_01ma vie?
Pourquoi Un Roman Plutôt Qu’un Guide
SPEAKER_00Je comprends. Mais vous, vous êtes... Écoutez, vous avez une carrière d'ergothérapie. Vous avez passé beaucoup, beaucoup de temps là-dedans. Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire sur l'anxiété et pourquoi avoir choisi la fiction? Parce que vous auriez pu faire aussi, genre, un guide ou, I don't know, un manuel. Pourquoi avoir choisi la fiction, le roman, pour y arriver?
SPEAKER_01En fait, c'est que je suis ergothérapeute depuis 30 ans, environ une quinzaine d'années en santé mentale. Et l'ergothérapie est une pratique moins connue que, par exemple, la psychologie dans un contexte de santé mentale. Et ça arrivait souvent quand les gens m'étaient référés qu'ils avaient déjà été suivis par un psychologue ou étaient encore suivis par un psychologue depuis un moment, ce qui faisait en sorte qu'ils avaient déjà entendu parler d'anxiété avant. Et moi, je me disais, bon, il faut que j'amène une nouvelle approche, un nouvel angle, différentes façons d'aborder ça pour pas juste leur répéter ce qui leur a déjà été dit, puisqu'ils sont dans mon bureau, donc clairement, il y a encore quelque chose à travailler à ce niveau-là. Alors, ça m'a amenée à développer une façon d'approcher l'anxiété, d'aborder l'anxiété pour en trouver la source, pour me rendre compte que finalement, il y avait comme des thématiques communes qui revenaient d'un client à l'autre quand on explorait les sources de l'anxiété. Et ça m'a donné l'idée justement d'écrire ce livre-là. Et pourquoi pas un manuel? C'est parce qu'il y en existe déjà beaucoup, des manuels et des ouvrages comme ça qui tentent de donner des stratégies aussi beaucoup de gestion d'anxiété. Moi, l'idée était de faire une démarche différente, plus d'exploration de soi, travaillant déjà avec beaucoup de clients. Les gens, c'est lourd. Les gens ont souvent de la difficulté à se concentrer quand ils sont dans des contextes anxieux. Et puis, je me disais, ça ne va pas nécessairement leur tenter d'aller lire un ouvrage très, très sérieux où on donne des stratégies et tout ça. Alors, l'idée d'amener ça sous forme de roman, puis c'est souvent des commentaires que j'ai eus. Ah, bien, tu sais, c'est rafraîchissant. C'est plus léger comme lecture. C'est facile à lire. C'est un livre qui est court aussi. Et c'est fait exprès parce que, justement, les gens qui sont en anxiété ont pas le goût de lire une grosse brique de 300 pages avec des références scientifiques et tout ça. Alors, ce n'est pas un livre qui est à proprement dire un ouvrage thérapeutique. L'idée, c'est vraiment de venir inspirer les gens à dire« Regarde, c'est possible de faire cette recherche-là, que les gens se reconnaissent à travers le personnage.» Ça, ça me fait très plaisir quand des lecteurs me reviennent et me disent« Je me suis reconnue dans le personnage, puis j'aurais aimé ça lire ça quand j'ai passé telle épreuve, quand justement quand c'était aménagé chez nous il y a quelques années. J'aurais aimé ça, d'ailleurs, cet ouvrage-là. Ça m'aurait donné des pistes sur comment je peux comprendre pourquoi je vis ça.
SPEAKER_00Effectivement, l'ouvrage, c'est frais, c'est facile à lire. Et comme vous dites, c'est pas super lourd. Ça se lit quand même assez rapidement. Vous avez dit tantôt quelque chose qui m'a intriguée. Vous avez dit que les gens ne connaissent pas vraiment c'est quoi l'ergothérapie, en quoi ça consiste. Et c'est vrai. Du coup, vous, en tant qu'ergothérapeute, et surtout sur le volet santé mentale, comment est-ce que Lorsque vous avez des clients qui viennent chez vous et qui ont de l'anxiété, qui ont déjà vu un psychologue, comment est-ce que vous faites pour les aider?
SPEAKER_01Oui, l'ergothérapie en santé mentale. L'ergothérapie, c'est une pratique dans laquelle, en général, pas juste en santé mentale, mais on regarde comment une problématique de santé ou une problématique au niveau situationnel, d'environnement, ça a un impact sur le quotidien des gens, sur le fonctionnement des gens dans toutes les sphères de vie, c'est-à-dire au niveau du travail, des loisirs, de la famille, de la vie domestique, de la vie sociale, de prendre soin de soi. Alors, on regarde cet impact-là. Donc, on est plus connu, je dirais, en santé physique où, par exemple, quelqu'un va se blesser à un bras puis on va venir rééduquer pour... On travaille souvent conjointement avec les physiothérapeutes et tout ça. En santé mentale, au lieu, par exemple, en santé physique, mettons que ce serait la douleur qui empêcherait les gens d'avoir une pleine mobilité de leurs bras ou de la pleine force, dans un contexte de santé mentale, ça va être l'anxiété, par exemple, qui peut être un facteur qui nuit au rendement, la perte d'énergie, la difficulté à gérer les émotions. Alors, on va adresser ces enjeux-là pour aider à rétablir le fonctionnement dans l'ensemble des sphères de vie. Donc, je travaille souvent avec des gens qui sont en arrêt de travail. Alors, je les aide justement à retrouver l'équilibre dans leurs activités et être capable de le travailler tout en la conciliation travail-famille. Mais pas juste, on parle beaucoup de travail-famille, mais c'est pas juste justement travail-famille. C'est travail-famille, loisirs, vie sociale. C'est l'ensemble de nos soeurs de vie. On va faire en sorte qu'on va retrouver l'équilibre global et la
Marche Afghane Et Cohérence Cardiaque
SPEAKER_00santé. Et c'est quoi la marche afghane? Je me suis éduquée un tout petit peu. C'est une technique que vous utilisez en
SPEAKER_01égothérapie? En fait, ce n'est pas spécifique à l'ergothérapie. J'ai suivi une formation de cohérence cardiaque il y a plusieurs années. Je donne des formations en cohérence cardiaque et Dr O'Hare, qui est la sommité en cohérence cardiaque, parle dans ses formations, fait mention de la marche Argan. Alors, dans les dernières années, je suis allée me former comme instructrice et c'est une marche où on vient synchroniser des rythmes respiratoires à nos pas. Alors, ça m'interpelle énormément et puis, ce n'est pas comme quelque chose que j'utilisais couramment dans ma pratique d'ergothérapie, mais c'est une pratique qui est très, très concordante avec l'ergothérapie parce qu'on a des bienfaits justement dans toutes les dimensions de l'humain, autant des bienfaits physiques au niveau d'améliorer la santé cardiovasculaire, des bénéfices au niveau mental pour diminuer le stress, diminuer l'anxiété, des bénéfices au niveau cognitif d'aider à améliorer l'attention et des bénéfices au niveau plus spirituel, c'est-à-dire d'aider à la connexion à soi, à ses social-éducatif et tout ça. Alors, c'est très, très holistique, ce qui m'interpelle énormément. D'ailleurs, mon prochain ouvrage que je suis en train d'écrire va être axé sur, justement, la marche afghane, qu'on appelle aussi la marche en pleine présence.
SPEAKER_00OK. Donc, il y a un livre qui
SPEAKER_01s'en vient. Il y a un livre qui s'en vient, effectivement. en finalisation, une vision de manuscrit
SPEAKER_00actuel. Et c'est quoi le format dans ce cas-là? Est-ce que c'est plus un guide ou c'est encore un format? Ça va être plus un
SPEAKER_01guide dans ce contexte-là, mais un guide, c'est un guide de voyage intérieur, si je peux dire. C'est un voyage où les gens vont être invités à voyager certaines, en fait, 54 destinations à l'intérieur d'eux-mêmes. Alors, c'est vu comme si chacune de ces destinations était un pays intérieur. Et puis, des destinations comme l'honnêteté comme la confiance, comme l'amour de soi, comme la bienveillance. Alors, je vais m'improviser un peu comme un guide touristique. Et ça va être à travers, justement, des écrits qui vont amener des réflexions sur soi et un volet dynamique aussi où on va s'engager dans les rites de la marche afghane pour venir se connecter à soi dans l'exploration de ses destinations
SPEAKER_00intérieures. C'est drôle, c'est intéressant. Ça a l'air intéressant, justement, le concept de voyage intérieur, mais les destinations qui sont en fait... C'est drôle, là. Ça a l'air intéressant pour moi. C'est beaucoup de plaisir et je pense que les acteurs auront tout autant
SPEAKER_01de plaisir à le lire et à s'y
L’Erreur Numéro Un: Oublier Les Loisirs
SPEAKER_00engager. Si on revient un peu sur l'égo-thérapie, vous parliez tantôt de, oui, équilibre, vie familiale, travail, vie familiale, mais il faut élargir un tout petit peu ça, vie sociale, etc., etc. Quelle est, selon vous, l'erreur numéro un
UNKNOWN?
SPEAKER_00que les gens font, qui fait que c'est une vie de
SPEAKER_01chez eux. Une des erreurs, numéro un, c'est justement cette perte d'équilibre-là. Alors, la perte d'équilibre de vie, c'est ironique un peu. C'est la première fois, en fait, qu'il y a c'est que je prête attention dans ces termes-là, le fameux équilibre travail-famille, alors que quand les problèmes s'invitent, c'est que les gens sont tous dans le travail-famille. Il y a juste ça qui occupe leur vie, travail-famille, activité domestique, parce que souvent, je vais relier ensemble famille-vie domestique, faire le lavage, faire le ménage et tout ça. Donc, les gens s'oublient complètement Et l'anxiété, qui est un mécanisme de défense pour préserver notre intégrité physique et mentale, elle vient sonner l'alarme en nous disant« Hey, tu es en train de t'oublier, toi, comme individu, parce que tu es au service de ton employeur, tu es au service de ta famille, puis de ton soin de ta maison, tout ça, mais qu'en est-il d'être à ton service à toi et d'avoir de la place pour nourrir des passions, nourrir des loisirs, nourrir des choses qui t'animent et qui ne servent à rien, à personne d'autre qu'à toi comme individu? Et c'est ça, les loisirs. Les loisirs, c'est la seule sphère de notre vie qui ne donne rien aux autres. Si vous faites du piano, ou vous faites de la peinture, ou du dessin, ou vous jouez au hockey, ou vous faites du yoga, si ce matin, vous arrêtez ces pratiques-là, ça ne change rien dans la vie de personne, à part la vôtre. Alors que si vous décidez de ne pas rentrer travailler ou vous décidez de ne plus faire les repas à votre famille, de ne plus faire de laveur, ça va déranger quelqu'un. Alors, c'est ça des fois, c'est intéressant. Et c'est ça que le livre, justement, amène de manière dans l'histoire. On va emmener ces pistes-là aussi, de par le comportement. On voit un petit peu, justement, vous parlez du personnage principal de Julie. On voit avant qu'officiellement, l'anxiété décide de déménager chez elle. On voit un petit peu ce qu'il a mis la table dans ses comportements. Et qu'est-ce qui s'est passé pour que finalement, ils disent, c'est sérieux, j'essaie de t'avertir, juste comme ça, en passant. Mais je pense que tu vas avoir besoin de rester chez vous pour qu'on se parle. Alors, c'est ça. Et un des enjeux majeurs, c'est le déséquilibre de vie et la perte des loisirs et de la vie sociale. Fais en sorte que tu prends de moins en moins soin de l'individu lui-même. Et là, l'anxiété va bien sonner l'alarme parce que c'est la menace à l'intégrité mentale. Tu es en train de te perdre. Tu es en train de perdre ton essence de
Avant Et Maintenant: Tabou Et Hyperperformance
SPEAKER_00personne. Julie, justement, c'était une overachiever. Je veux dire, oui, parfaite maman faisait tout ce qu'il fallait à la maison. Elle fait tout ce qu'il faut au travail. Tout est beau partout, sauf qu'elle s'oublie petit à petit. Du coup, je me dis... OK, l'anxiété, on en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup dans la société actuelle. Et c'est l'éternel débat de, OK, avant, on en parlait moins, ou en tout cas. Du coup, je me dis, c'est le débat, comme je le disais, éternel. Est-ce qu'avant, les gens avaient plus peut-être du support de leur famille? Est-ce qu'ils avaient plus de loisirs? Est-ce qu'ils étaient plus dans l'écoute d'eux-mêmes? Ou alors, ils étaient plus... c'est quelque chose aussi qui était plus tabou de dire, OK, j'ai un problème de santé mentale et je ne me sens pas bien. Quelle est la différence avant et maintenant? Parce que l'anxiété, tout le monde en parle. On dirait que tout le monde a hâte chez lui
Ennui Détox Numérique Et Patience
SPEAKER_01à ce moment-ci. En fait, je pense qu'il y a deux volets. Puis ça, c'est une vision personnelle parce que c'est difficile nécessairement de dire tout ça. Mais en fait, un, je pense que c'était tabou. Donc, les gens n'en parlaient pas. Et les gens ne savent pas non plus. Il y a une différence entre l'anxiété problématique et de l'anxiété passagère. En ce sens, il y a des gens, par exemple, dans les salons du livre qui passent devant mon kiosque et qui disent« Ah, moi, je n'ai jamais fait ça de ma vie, de l'anxiété, je ne connais pas ça.» C'est pareil comme quelqu'un qui dirait« Moi, je n'ai jamais eu de douleur de toute ma vie. Ce qui est impossible dans une vie, tout le monde s'est cogné le petit orteil sur le bord de son lit ou sur le bord d'un bureau à un moment donné. C'est impossible d'avoir jamais eu zéro douleur. Mais est-ce que tu as eu une douleur persistante qui t'a empêché de fonctionner et qui a nuit à ton rendement? Pas nécessairement. Alors l'anxiété, d'un, c'est la même chose. Tout le monde en a eu parce que les deux mécanismes de défense du corps pour préserver l'intégrité physique et mentale, c'est la douleur et l'anxiété. Tout le monde a déjà eu de l'anxiété, mais des fois, c'est passager, tu ne te sens pas bien, puis ça passe, tu t'entends. Je n'ai pas de cas de ça. Alors, il y a ça. Puis, si c'était plus problématique, bien, avant, c'est comme ça. C'était à vous d'en parler. Il y a l'autre côté, comme vous disiez tantôt, Julie, une hyper-performante, l'overachiever, c'est de plus en plus vrai pour beaucoup de monde. Alors qu'avant, si je recule, tu sais, moi, j'ai 55 ans, quand je retourne enfant, bien, mes parents travaillaient, mais le soir, là, j'avais pas un cours de karaté, de natation dedans. Sur une classe de 25 élèves au primaire, je me rappelle, il y avait une fille qui faisait du patin artistique et une qui faisait du ballet de jazz. Alors que maintenant, c'est l'inverse. Sur une classe de 25, il y a peut-être deux enfants qui ne font pas d'activité parascolaire et que les parents, après leur journée complète de travail, courent un peu partout. Ce qui fait que le rythme de vie actuel aussi, et il y a beaucoup de pression sur les parents, Pour être un bon parent, bien, il faut que tu stimules ton enfant, il faut que tu l'occupes, il faut que tu y trouves des activités. Ce qui n'était pas le cas, nous, quand on était enfants, tu sais, on jouait, puis on allait dehors, puis on jouait entre nous autres. Nos parents n'organisaient pas grand-chose, puis nous autres, non. Exact. Les enfants se gardaient entre eux, en fait. Oui, on avait de l'amour, on avait de l'encadrement, de la supervision, mais, tu sais, moi, les semaines de relâche ont commencé, je pense, quand j'étais au secondaire, quand on a introduit ça, puis c'était comme, bien là, nos parents, la semaine de relâche, bien, ils sont à la maison, puis ils On s'amusait à faire les loisirs et les jeux qu'on aimait faire. C'était une semaine de congé pour nous. Nos parents n'étaient pas assez d'organiser ce qu'on va faire comme activité pendant la semaine de relâche pour ne pas que nos enfants s'ennuient. Alors là, je pense qu'on a la phobie de l'ennui dans la société actuelle. On ne veut pas s'ennuyer nous-mêmes. Alors, on est tout le temps en train de s'occuper de toutes sortes de choses. On ne veut pas que nos enfants s'ennuient. Et je pense que c'est un des éléments qui amènent l'anxiété. Parce que l'ennui, c'est nécessaire. L'ennui, c'est le moteur de création. J'aime dire... C'est ça, ma mère me le disait quand j'étais enfant. Des fois, j'allais voir ma mère et j'étais comme« Ah, c'est plate, je ne sais pas quoi faire, je m'ennuie.» Ma mère me répondait« Ennuie-toi et quand tu seras tannée, tu trouveras d'autres choses à faire.
SPEAKER_00» Je me souviens très bien moi-même lorsque j'étais jeune et que je m'ennuyais. C'est effectivement là que les idées me tombaient dans la tête sur des affaires que j'avais des questionnements avant et c'est à ce moment-là que les réponses sortaient. L'ennui, c'est
SPEAKER_01nécessaire. Et c'est ça, je pense, qui arrive. L'ennui et le délai de gratification, l'attente, la patience, c'est des compétences qui sont nécessaires, mais qui de moins en moins sont cultivées. parce qu'on occupe, on distrait l'enfant, on va au-devant de ses besoins. Ce qui fait qu'à un moment donné, la société n'ira pas au-devant de ses besoins, ne va pas répondre tout de suite. Donc, je pense que c'est là que se sème la différence entre les générations passées et actuellement. C'est que là, on commence à voir les enfants et les adultes qui n'ont pas consolider nécessairement ces compétences-là de gestion d'ennuis, la patience, le délai de gratification. On commence à en voir des répercussions, d'après moi. C'est une hypothèse que je soulève qui peut expliquer les différences avec le passé.
SPEAKER_00C'est très important ce que vous disiez, justement. Il n'y a pas de délai dans la gratification. On veut la récompense tout de suite, rapidement. Alors qu'avant, on savait qu'il fallait d'abord produire des efforts, espérer avoir une récompense, et on l'attendait cette récompense. Maintenant, non seulement il y a des récompenses pour Tout et n'importe quoi. En vérité, c'est vrai, les enfants donnent des récompenses juste parce qu'ils« show up». Les enfants avant, il ne suffisait pas juste de« show up». Et la gratification doit être instantanée, sinon l'enfant refuse de continuer. C'est vrai que présentement, en effet. Mais est-ce qu'il y a des études qui anticipent un peu c'est quoi vraiment les répercussions de tout ça sur les générations? Je ne saurais
SPEAKER_01pas vous dire, mais je pense que ça part par l'adulte. Ça part par l'adulte de devenir conscient aussi de nos comportements. C'est facile de se laisser happer parce que, oui, les enfants vont reproduire aussi les comportements des adultes. L'enfant, ce n'est pas la faute de l'enfant, ce qui se passe. Et nous, comme adultes, puis même des gens qui, comme moi, je disais, je n'ai pas été élevé, c'est loin d'exister quand j'étais un enfant, toute cette technologie-là, il n'y avait pas d'ordinateur, il n'y avait rien. Mais même nous, maintenant, comme adultes, on est rendus happés par ça. J'ai dû, moi, dans les derniers mois, j'ai pris conscience que même si je suis anglothérapeute et que je sais les impacts de ça, je dînais avec mon cellulaire. J'allais à toilette avec mon cellulaire. Et j'ai tout arrêté ça depuis environ deux mois où j'ai arrêté de manger avec mon cellulaire, où j'ai arrêté de le traîner partout dans la maison avec moi. Je me suis donné comme code deux heures avant de me coucher, je n'ouvre plus mon cellulaire. Et c'est phénoménal les changements qui se sont opérés au niveau d'un sentiment justement de calme, une clarté mentale, un meilleur sonnet, une meilleure digestion. C'est quand même assez fou. Et je ne suis pas de cette génération-là qui a grandi avec ça. Alors, on est tous happés par ça. La première chose, c'est de devenir conscient. C'est de dire, faisons une expérience. Parce que c'est comme si on était un peu dans un déni aussi de On aime ça, jouer à nos petits jeux sur notre téléphone. On se dit,« Bon, ça doit pas être si grave que ça.» On essaie de se convaincre que c'est correct. Mais voyons-le comme une expérience.« Regarde, je fais une expérience pendant un mois, un petit peu comme le mois sans alcool, en février, je pense qu'il est le mois. Bon, faisons une expérience comme ça. Regarde, je fais un mois où j'ai réduit ma consommation numérique pour voir l'impact que ça va avoir.» Puis de là, je pense que si comme adulte, on présente un modèle différent aux enfants, bien, ça va clairement les aider.
Communauté École Et Repas Sans Écran
SPEAKER_00Et ça va vite, à coup de vidéo de 15 ou 30 secondes, on se retrouve deux heures, trois heures là-dessus sans s'en rendre compte.
UNKNOWNÉcoutez,
SPEAKER_00Moi, ce qui me fait peur un peu, c'est vrai qu'en tant qu'adulte, on doit agir aussi parce que les enfants copient ce qu'on fait. Mais comment pouvoir avoir un impact réel
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, on peut faire ça à la maison, mais ça prendra quelque chose de fait en groupe. Ça prendra la communauté qui fera un tout petit peu de sa part. Sinon, j'ai l'impression que ce sera juste... On fera juste même frustrer davantage les enfants, parce que les enfants vont dire, mes amis, eux, ils ont le droit de continuer, je ne sais pas moi, à utiliser leur ordinateur, leur téléphone, jusqu'à quand ils veulent. Pourquoi à la maison? Pourquoi nous, on n'a pas le droit? Comment, en tant que communauté... pouvoir arriver à cette conscientisation ensemble pour que ça s'arrange, pour que ça change.
SPEAKER_01Ça demande justement davantage de conscientisation. Je pense que ça part à la maison, puis on veut que ça se propage à l'école. entre autres, en train, dans certaines écoles, certains pays, de faire un pas de recul avec les tablettes qui avaient été introduites en classe pour réaliser que ce n'était pas nécessairement une bonne idée. Ils ont interdit le cellulaire au secondaire à l'école. Alors, c'est déjà là. Même les jeunes qui étaient très réticents au départ, bien, après, à la fin de l'année, même avant, les jeunes étaient tous contents, beaucoup plus de participation aux activités parascolaires, beaucoup plus d'échanges entre eux. ça a même eu un impact à la maison, tu sais, que les jeunes qui ont été interviewés disaient, bien, même chez nous, j'ai comme moins le goût d'être sur mon téléphone, puis je vais plus jaser avec mes parents, je vais plus là, tu sais, de réintroduire aussi ce rythme-là des repas. Tu sais, moi, je sais bien, les repas, c'était sacré qu'il y avait... Non, c'était sacré, c'était un moment déchant, c'était un moment de se déposer, de parler ensemble, de voir comment ça s'est passé, de connecter l'un à l'autre. Tu sais, c'est tous des éléments, ça, la connexion, à soi et à l'autre. On parle des besoins fondamentaux de l'être humain, la pyramide de Maslow, qui est des besoins physiologiques, le besoin de sécurité, le besoin d'appartenance, le besoin d'estime et d'accomplissement. Si on n'a pas cette occasion-là, parce qu'on est toujours en train de juste de même scroller à l'infini, parce que c'est infini, Instagram, Facebook, TikTok, tu n'arriveras pas au bout de ça. Non, il n'y a pas de bout, il n'y a pas de fin à ça. Pendant ce temps-là, on n'est pas en train de nous des connexions. On n'est pas en train de se développer, on n'est pas en train de se réaliser. C'est tous des éléments qui, justement, peuvent amener l'anxiété à se présenter
SPEAKER_00dans notre vie. Et les repas, pour vrai, ce que vous disiez, c'est très, très important, c'est très sacré. Parfois, lorsqu'on se documente un peu, je parle de la vie de couple, on dit non, pour pouvoir maintenir la passion dans le couple, la communication dans le couple, blablabla, il faut continuer à se déter, il faut continuer à déter ton partenaire. Pour moi, les repas de famille, c'est continuer à déter sa famille. Vous êtes en famille le soir, c'est le moment de catch-up, comment s'est passée ta journée, comment de savoir, de prendre un peu le pouce sur chacun des enfants, chaque personne de la famille. Ça permet de se reconnecter. C'est des moments que toute la journée, tu te dis« la journée, ça ne passe pas bien, je n'aime pas mon boss, je n'aime pas mon professeur, mais au moins quand je serai à la maison, j'aurai cette chaleur avec mes enfants, on va pouvoir discuter.» C'est très, très important. Les gens de nos jours, je me rappelle quand j'étais jeune, c'était sacré. Mais au fur et à mesure, comme vous disiez, la technologie, tout le monde a son petit écran, il y a une télé dans chaque pièce à la maison, les enfants ont des tablettes par-ci, par-là, aux toilettes, dans la chambre, dans la salle de jeu, les téléphones, c'est On mange devant la télé, on mange devant sa tablette, c'est chacun qui a son téléphone devant soi, même si on est tous à table. C'est des choses que, comme vous disiez, là, il faut qu'on prenne un peu plus de recul, qu'on arrête, qu'on reparte aux vraies connexions, à la vraie communication avec les gens qui sont les plus importants pour nous, en fait. Donc, non, non, je
SPEAKER_01comprends. Ce qu'on dit, c'est qu'on est dans l'ère des communications et on n'a jamais aussi peu communiqué, tu sais. Alors, les gens qui sont au restaurant et qui sont chacun sur leur cellulaire, alors que cet espace-là, et j'aime ça comment vous disiez ça en famille, c'est de savoir qu'il y a quelque chose de réconfortant et de sécurisant, de savoir que j'ai un espace de bienveillance ou partager mes joies, mes peines, mes inquiétudes quand je vais arriver chez moi, que je sais que je vais être accueillie, que je vais avoir à temps mon droit de parole pour être entendue par des gens qui sont importants pour moi. C'est ultra, ultra, ultra important, ça.
Aider Un Proche Sans Juger
SPEAKER_00Restons un peu dans le domaine de la famille et revenons un peu à l'anxiété, justement. Je pensais au mari de Julie, qui au départ, c'était comme un personnage un peu secondaire, mais il a... J'ai beaucoup d'anglicisme, désolé, mais il a cet époque-là, quand il a fallu que Julie prenne du recul, se reconcentre chez toi. Merveilleux gars, il a... Il a joué son rôle, il a été un soutien pour ses enfants, pour sa femme, pour toute l'équipe. Puis je me disais, parfois l'entourage ne sait pas trop comment réagir dans ces situations-là. Lorsque tu as quelqu'un qui est comme ça, un burn-out, qui prend un arrêt de travail, quels conseils donneriez-vous à la famille, aux proches, pour pouvoir aider sans asphyxier La personne qui est à côté de... Moi, je
SPEAKER_01pense que le mot d'ordre, c'est la bienveillance. C'est d'être là, en soutien, sans jugement, parce que c'est le plus gros problème des gens avec l'anxiété. C'est le sentiment, justement, d'être jugé, le sentiment de ne pas être légitime dans ce qu'il vit, parce que c'est invisible, l'anxiété. Et souvent aussi, les gens vont avoir toutes sortes de symptômes, parce que c'est varié, les symptômes d'anxiété, puis ça ne se présente pas toujours sous forme de... de symptômes mentaux. Des fois, c'est des symptômes physiques, de difficultés à respirer, de sudations excessives, de tremblements. Et souvent, parce que les gens vont être investigués. Par exemple, j'ai un client qui sont traumatiques et qui a des sudations excessives. Il avait investigué, vu que c'était une manifestation physique, on avait investigué du côté physique et on ne trouvait jamais rien. Parce qu'il n'y avait pas rien de physique, justement. Et des fois, les familles vont dire, écoute donc, est-ce que c'est légitime? Est-ce que la personne a faim? Parce que, coudonc, on trouverait quelque chose si elle avait vraiment quoi. Alors, c'est important d'être là en soutien et d'être là, de croire la personne et de dire, regarde, je ne comprends pas nécessairement tout ce que tu vis parce que je n'ai jamais vécu, mais je t'accompagne dans ça et je te crois. De ne pas minimiser, de sous-estimer l'impact que ça a chez les gens. Les gens ont besoin de se sentir accompagnés, ont besoin de se sentir Des fois, c'est d'offrir cette aide-là, comme le conjoint de Julie dans le livre, qui a pris un peu... Elle avait le rôle un peu comme de leader familial. Alors, il l'a aidée à être capable de prendre du recul sans se sentir coupable. Je pense que c'est beaucoup ça. C'est d'aider la personne, de l'épauler pour diminuer. Il y a souvent ce sentiment-là de culpabilité chez les gens qui doivent ralentir à cause de l'anxiété. Et oui, ça affecte souvent les hyper-performants. Alors, je n'ai jamais vu un paresseux tomber en burn-out. Ça tombe souvent chez l'hyper-performant qui a le réflexe facile de se sentir coupable de ne plus être capable de donner le rendement qu'il a. Alors, d'être là dans la bienveillance de dire, regarde, comme on dit justement en anglais, I've got your back. Je suis là pour t'épauler et te soutenir. C'est pris. D'ailleurs, j'ai des gens qui ont fait la lecture d'anxiété comme accompagnateur pour justement aller chercher des prises et dire comment je peux aider à être plus présent et comprendre davantage. qu'est-ce que mon conjoint ou ma
SPEAKER_00conjointe est. Et ce qu'on disait tout à l'heure, c'est vraiment important aussi parce que dans la société actuelle, on demande beaucoup, beaucoup au monde. Je prends l'exemple. OK, moi, j'ai 45 ans. Une femme de 45 ans aujourd'hui, OK, il faut que tu sois in shape. Il faut que tu cours, tu fasses du sport, que tu, je ne sais pas, trois, quatre fois par semaine. Il y a un minimum à faire. Tu as des enfants, il faut que tes enfants soient parfaits. Il faut que les nôtres soient parfaits, bien éduqués, blablabla, etc. Il faut que tu aies une belle job. Il faut que tu fasses au moins un, deux fois voyage au sud par année. Il faut que si tu as un conjoint, que tout se passe bien. Il faut que tu puisses en même temps aussi aider tes parents, qui aussi sont vieillissants. Bref, tout ça, c'est un lien, une maison parfaite, le chalet à je ne sais pas où, et puis encore whatever. C'est comme tout doit être à 100% parfait. Il faut être, comme vous disiez, chaque sphère de ta vie, c'est Ça doit être impeccable. Et on n'a plus le temps de s'arrêter, de se retrouver, de se demander, mais Jocelyne, est-ce que tu fais ce que tu veux faire en ce moment-là? Et qu'est-ce que tu veux? Parfois, on oublie même ce qu'on est, ce qu'on veut, ce qui nous... On oublie tout ça parce qu'on est guidé par une idée idéale de ce qu'on doit faire, qu'on est pris dans un jardin. On est comme des souris, là. Des hamsters qui tournent la roue indéfiniment. C'est comme... Effectivement, les enfants copient. Les enfants copient et puis leurs enfants vont copier si ça s'arrête pas. C'est ça que
Quinze Minutes Par Jour Pour Toi
SPEAKER_01l'anxiété amène. C'est ce temps d'arrêt forcé-là pour se poser cette question-là. Ce que je dis aux gens, c'est que t'as pas besoin d'attendre que ce soit l'anxiété qui va pas s'arrêter. Tu peux prendre 10 minutes par jour ou 15 minutes par jour pour te déposer et faire un bilan et réfléchir. Est-ce que j'ai aimé ma journée aujourd'hui? Qu'est-ce que je pourrais améliorer? Qu'est-ce que je fais pour moi dans ma semaine? Qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui qui m'a fait plaisir, qui m'a nourri comme personne? Et là, des fois, les gens vont répondre 15 minutes. Oublie ça, moi, 15 minutes. J'ai pas 15 minutes de temps à m'arrêter puis à faire une petite introspection, tu sais, entre le lavage puis le travail puis l'enfer. Et là, ça, moi, j'ai fait une statistique là-dessus. Si on dort, il y a 86 400 secondes dans une journée. Alors, si on dort 8 heures par nuit, il nous reste 57 600 secondes réveillées dans la journée. 15 minutes représente 1,6% de la journée réveillée. Alors, quelqu'un qui me dit« Je n'ai pas 15 minutes à investir pour voir si je suis bien dans ma propre vie et que je prends soin de moi», c'est une très bonne raison pour anxiété de venir se manifester et dire« Hey, tu es à peu près disparaître de ta propre vie. Tu me dis que tu n'as même pas 1,6% de ta journée à investir pour toi.» menace à l'intégrité mentale, l'anxiété vient rester chez vous. Pas jour 1, mais si au fil du temps, ça fait des mois, des années que c'est comme ça, l'anxiété va se manifester. Quand les gens arrêtent, c'est souvent que ça fait longtemps qu'ils essayent. Ça fait longtemps qu'ils donnent des signaux. À un moment donné, ils multiplient les symptômes, les stratégies pour se faire entendre, pour ralentir et t'obliger à le prendre ce temps-là. Mais en fait, je pense que c'est ultra important de se poser cette question-là et de mettre un petit 15 minutes, minimum 15 minutes par jour. Parce qu'on s'entend, une heure, c'est 4% de ta journée réveillée. Fait que c'est, mettons, 1,6. Fait que t'as 6-7% de ta journée réveillée. Ce qui n'est pas tant que ça. Et, moi, il y a beaucoup de livres qui sont écrits là-dessus.« Tout se joue le matin»,« 5 minutes le matin». Il y a plein de livres dans ce genre-là qui viennent amener le pouvoir d'introduire ce 15 minutes-là ou ce 30 minutes-là le matin. Et la puissance de ça, c'est que de un, t'es frais et dispo. Parce que souvent, on va se dire« Ah, j'adore ça lire. À soir, je vais lire.» Ou« À soir, je vais faire telle affaire.» Mais là, t'arrives le soir, après ta journée de travail, puis toutes tes tâches pour prendre soin des enfants, puis tout ça. Là, le temps, t'es fatigué, t'es brûlé, t'as plus le goût. Aussi, t'as pas du temps de qualité que tu t'offres. Alors, l'idée, c'est de réfléchir à un moment où tu vas t'offrir du vrai temps de qualité. Et là, tranquillement, mais si l'anxiété s'est peut-être introglée, il va commencer à comprendre« Ok, ok, je trouve ça intéressant ce que tu es en train de faire, je vois un changement, ça me rassure, je vais prendre un petit peu de recul, je vais prendre un petit peu de distance.» L'anxiété prend un petit peu de distance. Mais c'est sûr que si tu retombes dans tes patterns de ne pas prendre soin de toi, il va revenir. C'est sûr qu'il va revenir. Puis il peut revenir plus vite parce qu'il est juste là à côté, il surveille. Ce n'est pas comme si tu as toujours bien fait ça. Parce qu'on l'a tous, le personnage d'anxiété à l'intérieur de nous. Mais on veut le garder assis dans un coin dans son
Protéger Ton Temps Et Le Planifier
SPEAKER_00fauteuil et il se berce. Il ne se dérange pas, il se revient. Tant que tout va bien, tout va bien. Christine, question pratico-pratique. Je décide, moi aujourd'hui, je vais me booker mes 15 minutes. Allez, mettons même 30. 30 minutes par jour, ok, ce sera pour moi, pour mon bien-être, me recentrer, tout le kit. Comment m'assurer que ces 30 minutes-là soient utilisées comme il faut? Parce que je me connais très bien et je sais qu'il y a beaucoup de gens qui sont comme moi. Quand je vais me prendre mes 15-30 minutes, tout ce que je vais faire pendant ce temps-là, c'est penser à ce que je dois faire et que je ne suis pas en train de faire. Comment pouvoir me recentrer à ce moment-là et utiliser ce temps-là comme
Les Étapes Du Changement Et La Rechute
SPEAKER_01il faut? Je pense qu'il y a une idée. Souvent, on se parle d'un horaire, un horaire de nos occupations, tout ça. Et c'est de le mettre à l'horaire et de mettre aussi les bénéfices. de lister les bénéfices. Et c'est sûr qu'au début, on va avoir tendance, nos pensées vont avoir tendance à errer parce que ce n'est pas une pratique visualisée. Mais si on documente, je pense qu'au départ, c'est de faire cet exercice-là. C'est de dire, qu'est-ce que je veux faire dans cette trente minutes-là pour ne pas chercher. Parce que c'est sûr que si vous arrivez à votre trente minutes, c'est comme, OK, je fais quoi? Là, ça va avoir beaucoup de temps. Puis là, ça va dire, je perds mon temps alors que je pourrais être en train de partir me brosser de lavage puis je pourrais être en train d'avancer quelque Alors, c'est important de consacrer peut-être les premiers 30 minutes à l'organisation, à dire, OK, voici ce que je veux faire. J'ai toujours voulu, je ne sais pas moi, faire de l'écriture, faire de la lecture, faire un journal créatif, aller marcher, peu importe ce que c'est, de décider d'avance et de planifier d'avance. Et moi, si c'est quelque chose que vous faites exemple dans la lecture, créez-vous une petite pancarte, un accroche-porte. un ressourcement n'a pas dérangé. On l'accroche après la porte, on informe la famille, parce que c'est facile. Les gens de votre entourage ne seront pas habitués à ça. Ils ne seront pas habitués au fait que vous n'êtes pas 100% du temps disponible. Après qu'on ait des jeunes enfants de 2 ans, 1 an, 2 ans, il faut mettre le conjoint dans le coup pour dire, pendant que je fais ma demi-heure, occupe-toi des enfants pour que moi j'ai ce temps-là. On s'échange ça. Quand toi, tu prendras ton temps, je prendrai le relais. Mais s'assurer qu'on met ça dans la famille dans le coup aussi, parce que c'est facile de se laisser happer par les autres demandes, puis finalement, on finit par ne pas le faire. Et quand nos pensées errent dans la culpabilité, on revient à« Regarde, je ne fais pas ça pour rien, je suis en train de prendre soin de moi pour telle raison.» C'est ça les bénéfices que je vais retirer de cette pratique-là. Et plus que vous allez le faire, vous allez voir les bénéfices se manifester, et là, ça va devenir plus facile. Un peu comme quand on s'entraîne au début, mais on ne voit pas de résultat. Ce n'est pas facile, mais on est au point tu commences à réaliser que tu es plus fort, que tu montes les escaliers plus facilement, que c'est plus facile d'amener tes sacs d'épicerie, que tu prends tes enfants dans tes bras plus facilement, là, c'est le fun de s'entraîner. Mais ça prend quand même un certain temps avant qu'on commence à voir ces bénéfices-là se manifester. Et c'est là de s'accrocher aux bénéfices futurs. C'est un enjeu majeur. Et de... Et de comprendre, de constater pourquoi c'est important pour vous de faire cette démarche-là. Je vous l'amène, c'est un changement de rythme dans votre vie, de prendre ce temps-là. Et c'est le principe du changement. Alors, il y a cinq étapes au changement. Et souvent, on ne va pas faire les premières, ce qui fait en sorte qu'on échoue. Alors, les étapes du changement étant la visualisation, Ensuite, on a la contemplation. Ce n'est pas la réalisation, c'est la précontemplation, la contemplation, l'action et le maintien et la rejet. Parce que souvent, il y a rejet. Et si on n'a pas prévu le coup... Un homme averti ou une femme avertie en vaut deux. Alors, si on n'a pas prévu qu'est-ce qui pourrait nous faire échouer, c'est assez dur de pouvoir le déjouer. Mais c'est quoi la précontemplation et la contemplation qu'on ne fait pas? C'est que, je donne toujours l'exemple de quelqu'un qui veut perdre du poids. Alors, mettons que vous voulez perdre du poids, et puis là, au stade de précontemplation, vous vous dites,« Ah, ouais, mais... Ma tante Gertrude a vécu jusqu'à 85 ans, elle pesait 300 livres, elle a quand même vécu vieille. C'est pas si grave que ça, j'ai une couple de livres de trop. Alors, au stade de précontemplation, c'est le stade où on se trouve des excuses pour rien changer. Alors, après ça, t'as le stade de la contemplation où tu dis« ouais». C'est vrai que ma tante Gertrude a vécu jusqu'à 85 ans, mais la plupart du temps, elle était assise dans le coin des parties parce qu'elle n'était pas capable de participer. Elle avait beaucoup de misère à marcher et elle se plaignait quand elle avait mal aux jambes. Là, tu commences à réaliser que c'est vrai qu'elle a vécu vieille, mais elle a vraiment eu une bonne qualité de vie. Là, tu commences à voir des éléments et c'est dans cette phase-là de contemplation où tu contemples les bénéfices que tu aurais. de passer à l'action. C'est grand, ces bénéfices-là. Ensuite, il y a le stade de préparation où, là, on vient préparer justement, qu'est-ce qu'on va faire? Je pourrais m'inscrire au Weight Watcher, je pourrais prendre des cours de nutrition, je pourrais rencontrer une nutritionniste. On prépare qu'est-ce qu'on va faire. Nous, l'idée est en tout 30 minutes. On se prépare. Ça serait quand le meilleur moment de la journée? J'avertis ma famille de ne pas me déranger. Je décide qu'est-ce que je vais faire comme activité ou je vais prendre un cours ou peu importe. Ensuite, on passe à l'action qui est de mettre en place ces stratégies-là, le maintien et après ça, la rechute, c'est, je peux déjà, la personne qui va faire, mettons, qui décide de faire un régime, mettons, pour perdre du poids, ou qui décide d'aller au gym pour perdre du poids, bien, si je lui demande qu'est-ce qui peut arriver qui va faire que ça ne marchera pas, les gens sont toujours capables de dire qu'est-ce qui peut arriver que ça ne marchera pas. Ah, bien, ça ne me tente pas d'aller au gym. Quand il neige, je n'aime pas ça sortir. Quand il pleut, je n'aime pas ça sortir. Quand il fait froid, je n'aime pas ça sortir. Ah, le soir, je suis fatigué, je n'aime pas ça sortir. Tout te dit des liens pour lesquels ça ne fonctionnera pas. Et là, tu documentes toutes ces raisons-là pourquoi ça ne fonctionnera pas et tu trouves une façon de le déjouer. Fait que le jour où ça ne tentera pas, je me dis« Ah ah, je le savais qu'il y aurait un jour où ça ne tenterait pas parce qu'il aille, mais j'ai pris le coup.» Puis je me suis arrangée avec une amie, on s'est dit« Hey, au gym, il va neiger, ok, on est les deux, on se coach ensemble, puis on y va.» Alors, c'est ça l'idée. C'est d'avoir et de faire cette étape-là de pré-contemplation. où on documente nos bénéfices, parce que sinon, quand ça va devenir difficile, on va dire,« Oh, bien là, dans le fond, on m'attend de Gertrude, elle a vécu jusqu'à 85 ans, et là, on va aller faire les étapes de contemplation et on va tout arrêter.» Alors, c'est super important de faire ces étapes-là, puis on augmente grandement nos chances de succès quand vient le temps d'introduire un changement dans nos habitudes de vie.
SPEAKER_00Christine, on arrive bientôt à la fin. Du coup, je me demandais, qu'est-ce que vous pourriez dire à ceux qui nous regardent, qui nous écoutent par rapport à votre livre? Quel est le petit pitch de vente que vous pouvez leur servir pour leur donner envie comme ça d'aller acheter Anxiété en librairie ou sur Amazon?
SPEAKER_01Moi, je pense que personne n'est à l'abri, justement, qu'Anxiété vient de se manifester dans notre vie. Puis, c'est justement une lecture qui est facile, qui est ludique. Ça fait que c'est une belle façon de s'initier, dans le fond, à comprendre un peu les enjeux de comment faire pour s'assurer qu'on garde un bien-être dans notre vie ou nous aider à rétablir le bien-être dans notre vie. Ça fait que c'est un tout petit investissement de peut-être, les gens me disent que ça prend une heure et demie, deux heures environ à réduire l'anxiété. En revient avec mes 15 minutes, là, c'est pas un gros pourcentage. Si on le distribue sur une semaine, ça sera pas quelque chose qui vous coûte cher de temps et d'énergie pour ce que vous allez en retirer, soit pour vous, pour aider ou en prévention ou en accompagnement de quelqu'un dans votre entourage.
SPEAKER_00Est-ce que vous avez l'impression que tout au long de l'entrevue aujourd'hui, il y a des points sur lesquels vous aurez aimé qu'on débatte, mais dont on n'a pas parlé.
SPEAKER_01Bien non, en fait, je pense qu'on a fait une belle tournée de l'anticité dans le temps passé. J'ai aimé les enjeux, justement, de sociétés parallèles, un peu en Pourquoi avant, on avait l'impression qu'il y en avait beaucoup moins qu'il y en a maintenant? Alors, je pense que c'est réel. Je pense que ce n'est pas juste une impression. Mais j'aimais ça, le tour de table qu'on a fait autour de M. Anxiété. Un gros merci de m'avoir permis de participer. C'est disponible sur leslibraires.ca. dans plusieurs rubriques.
SPEAKER_00Parfait. Et si on veut en savoir plus sur vous, je pense que vous avez un site web. Est-ce que vous pouvez dire à ceux qui nous regardent c'est quoi l'adresse? Oui,
SPEAKER_01l'adresse du site web, c'est christinechartier.ca, alors c'est facile. Et puis sur le site, vous pouvez retrouver des informations sur le livre, ainsi que sur les conférences aussi. Il y a la conférence« Aborder l'anxiété autrement» où je viens justement un peu inspirer du livre sur les enjeux principaux. On a parlé de l'équilibre de vie, mais sur les enjeux principaux qui font que l'anxiété va venir nous visiter. Des conférences sur justement la gestion d'énergie, gestion de stress, la cohérence cardiaque qui est exceptionnellement bonne pour nous aider au niveau de la gestion de stress, anxiété et beaucoup d'autres choses. Et finalement, les formations et les conférences de marche afghane. Alors, que ce soit en grand public ou en entreprise, ça me fait plaisir de me déplacer ou en virtuel aussi.
SPEAKER_00Parfait. Et votre prochain livre sur le voyage intérieur, quand est-ce qu'on peut espérer le livre?
SPEAKER_01Comme je le disais, il est en finalisation de manuscrit, donc j'envoie ça aux éditeurs prochainement. Rendu là, on se croise les doigts qu'il soit disponible cette année ou dans l'année prochaine, je
SPEAKER_00l'espère. Je vous souhaite bonne chance pour le livre et puis je répète que le concept allait vraiment,
SPEAKER_01vraiment très intéressant. J'espère vous revoir, vous recroiser dans un salon de livres cette année. En tout cas, Ben
SPEAKER_00oui, c'est quand le prochain?
SPEAKER_01Au salon du livre des Laurentides le 14 mars prochain. Parfait, j'habite à Laval, c'est pas loin. Alors, 14 mars prochain. Merci beaucoup à vous. Passez une excellente journée.
UNKNOWNÀ vous aussi.

